LIBERT Béatrice


Biographie

Née à Amay-sur-Meuse, en Wallonie, Béatrice Libert vit et enseigne à Liège (Belgique). Elle a publié des livres de poèmes, des essais et des récits. Critique de poésie, conférencière, elle mène aussi des ateliers de lecture-écriture.

Ses poèmes ont été traduits en plusieurs langues. Passionnée par l’art sous toutes ses formes, elle aime écrire en collaboration avec des artistes peintres, graveurs et photographes. Quelques-uns de ses poèmes ont été mis en musique. Elle donne des spectacles-poèmes, accompagnée de la harpiste liégeoise, Angélique Giorgio. En avril 2000, elle a été reçue comme "visiting professor" à l'Université de Denison, en Ohio. Correspondante pour la Belgique francophone du magazine culturel "Pourtours" (Marseille, Autre Temps). Elle est membre de l’AEB et de la SCAD. Béatrice Libert dirige la collection "Carré d'as" aux éditions Couleur livres (www.couleurlivres.be ).

Bibliographie

  • Invitation, poèmes, Liège, éditions Thalia, 1979.
  • Parades, poèmes, Bruxelles, éditions André De Rache, 1983.
  • Baisers volés à Paul Eluard, suivi de Remparts, poèmes, Bruxelles, éditions Vie Ouvrière ; Paris, Pierre Zech, 1989.
  • Lalangue du désir et du désarroi, poèmes, Amay, L’Arbre à paroles, 1991. Collection Buisson ardent.
  • Traduction italienne de Francis Tessa, Lingua desiderio sgomento, 1995, collection Traverses. (3° édition).
  • La Passagère, poèmes, Bruxelles : Vie Ouvrière ; Paris, Pierre Zech, 1994.
  • Le bonheur inconsolé, poèmes, Amay, L'Arbre à paroles,  1997. Prix Amélie Murat de la Ville de Clermont-Ferrand, mai 1997.
  • Vol à main nue, Amay, L'Arbre à paroles,1998. Prix Edmond Roche de la Ville de Calais, 1996.
  • Le rameur sans rivage, Paris, La Différence, 1999.
  • Un arbre cogne à la vitre, Toulon, Pluie d'étoiles,  2000.
  • En vertu de nous-mêmes, Soumagne, Tétras Lyre, 2001. Collection Lettrimage, avec sept encres de Maria Desmée 300 exemplaires numérotés.
  • Petit bréviaire amoureux, Québec, Les Ecrits des Forges, 2002.
  • Le Passant fabuleux, Marseille,Autres Temps,  2003.
  • Le jardin fragile, Rochefort-du-Gard, Alain-Lucien Benoît,  2000 ; dessins de Martine Chittofrati.
  • Etre au monde, La Différence, Paris, 2004.
  • Alphabet blanc, Laon, La Porte,  2004.
  • Litanie pour un doute, In :  Encres Vives, N° 313, Colomiers, 2004.
  • Une enfance aux creux des mots, récits, Charleroi, Couleurs Livres, 2005.
  • Jean Joubert-parcours poétique, Amay, L'Arbre à paroles, 2005. Coll. "Essais".
  • L'instant oblique, L'Oreille du Loup, Paris, 2009.
  • Au pays de Magritte : Regarder, lire, écrire, créer. Charleroi, Couleur Livres, 2009. Collection L'Horizon délivré.
  • Au pays de Maurice Carême : Regarder, lire, écrire, créer, Charleroi, Couleur Livres, 2010. Collection L'Horizon délivré. Prix d'études littéraires Maurice Carême 2011.
  • Musique de chambre, Limoges, Le Bruit des autres, 2010.
  • Lettres à l'intemporel, nouvelles, Limoges, Le Bruit des autres,  2010.
  • Passage du laitier : évocations poétiques, Liège, L'Orme ; Chez l'auteur, 2011.
  • Le bestiaire en folie. Avec les illustrations de Xavier Laroche. Charleroi, Couleur livres, 2011. Collection Carré d'as ; 2.
  • Les couleurs du dedans, Éditions Barde La Lézarde, 2011. (FoL'Ivre). Dessins de May Livory.
  • Sonate en là majeur, Le Bruits des autres, 2012.
  • Alphabet en quête d'auteurs, revue ficelle, n°112, Rougier V. éd., janvier 2013. Vignettes de V. Rougier.
  • Problaimes, Poaimes de B. Libert - 2008. Solutions de Pierre Laroche - 2011. Édition du Ravin, 2013.
  • Écrire comme on part, Le bruit des autres, 2013.
  • Un chevreuil dans le sang, L'Arbre à paroles, 2014. (Anthologies).
  • La route n'enfante que l'adieu, Atelier du grand tétras, 2014.
  • Demeures de l'éveillé, Les Poètes de l'Amitié, 2015.
  • L'aura du blanc, Le taillis pré, 2017.
  • Dans les bras du monde, Soc et Foc, 2014
  • La marmite de la marmotte, Editions Henry, 2013.
  • Fables pour notre temps, Edition du Ravin, 2017.
  • Adieu veau, vache, cochon, couvée..., Edition du Ravin, 2016.
  • Au seuil de l'ange, vagamundo, 2017.
  • Dans les yeux des fruits verts, Encres vives, 412 numéro.
Parution de deux recueils de poèmes en traduction roumaine :
- Fericirea nemingiiata / Le bonheur inconsolé, Traduction en roumain de Luiza Palanciuc, Editions LiterNet, Collection PONTIS, 2005 http://editura.liternet.ro/carte.php?carte=128
- Trecatoarea / La Passagère, Traduction en roumain de Luiza Palanciuc, Editions LiterNet, Collection PONTIS, 2005 http://editura.liternet.ro/carte.php?carte=127
 
Béatrice Libert a reçu le Prix Arcadia 2012 pour son recueil "Petites paroles avant la nuit". Elle est également lauréate du Prix de Poésie Simone Landry 2013 pour "Opéra poème", "La voix de mon père" et "Alphabet blanc". Son recueil "Écrire comme on part" (Le Bruit des autres, 2013) a reçu le prix Jean Kobs 2014 de l'ARLLFB. "Demeures de l'éveillé" est lauréat du Prix d'Édition poétique de la Ville de Dijon 2015.
 
À consulter :
 
Libert, Béatrice. Poèmes inédits. In : Traversées, n° 61, hiver 2010-2011, p. 63-64.
Biblirama, n°101, 3ème trimestre 2011.
Libert, Béatrice. Dans les yeux des fruits vert. In: Encres vives, n°412, Novembre 2012, p 1-16.

Textes


Mon ombre crie famine
ameutant le quartier
où mes pas énumèrent
leurs secs copeaux de bruit
Rien à lui mettre sous la dent
Pas même un peu de sagesse
Mon ombre tire sur sa laisse
lape une flaque d’eau morte
lèche quelques mies de bonté
Je secoue sa lourdeur
Je la plie proprement
comme un mouchoir de pluie
et glisse dans ma poche révolver
sa lame de chagrin
 
 
                   >>>
 
 
Quelle nuit s’endort en toi ?
Quel visage derrière cette nuit ?
Quelle aube te rejoindra
sur quelle rive  de quelle joie ?
Quel mot à ses lèvres
pour transformer le monde ?
 
 
                   >>>
 
 
Ne pense pas, dit-elle,
écoute.
Les pensées butent contre les choses.
Elles empêchent d’aller.
 
N’écoute pas, dit-elle,
touche
La peau est parole visible.
Le geste aime creuser l’absence.
 
Ne touche pas, dit-elle,
goûte.
Le fruit ne défend rien.
Il attend et nous mûrit.
 
Ne goûte pas, dit-elle,
sens.
Le parfum est au corps
ce que l’âme est au poème.
 
Ne sens pas, dit-elle,
regarde
et vois plus loin que le visible
le mystère bourgeonner.
 
 
                   >>>
 
 
A la fin du poème
j’aurai l’air de mourir
un papillon sur l’épaule
 
Comme un pollen
quittant son étamine
j’aurai l’air de rejoindre
le vide qui m’a créée
 
J’aurai le pas léger
du dernier vers
écrit un dernier soir
 
Il fera jour
Les rues seront en fleurs
 
 
                   >>>
  
Tu traces des mots sans ombre
qui tiennent par la racine de l’angoisse
Tu écris en trouvère  En femme qui trouve
au-dedans au-delà ce qui nourrit :
le feu d’un bleu incommensurable
 
 
                   >>>
 
 
PAIX A LEURS VISAGES
 
Mon visage a été vitriolé
Mes yeux ont été vitriolés
Mes oreilles ont été vitriolées
Ma bouche a bu du vitriol
Mon corps transpire le vitriol
Mon âme sue le vitriol
Qui oserait me regarder?
Je n'ai plus de visage
Juste deux trous pour le regard
et un filet de voix
qui filtre entre des lèvres mortes
Je suis une morte-vivante
Mon mari m'a chassée
Mon père ne veut plus me voir
Ma mère ne veut plus me voir
Mon frère me jette à la rue
Je suis bannie de ma propre peau
Je suis murée dans ma sale vie
Pourtant j'aimais je lisais j'élisais
J'étais l'épouse de mon époux
seconde troisième peu importe
Pourquoi soudain ce cri jaloux?
Je n'ai plus de visage
Je n'ai plus d'âme pour prier
A peine des mains
Je ne suis plus qu'un long voile noir
une cape de suie
un fourreau de deuil
que le jour froisse et froisse
et froisse de sa main
 
(écrit à la suite du reportage d'une journaliste iranienne, consacré à des Iraniennes persécutées, diffusé par la RTBF, dans son émission Hebdo, en janvier 2004.)
 

Commentaires


À propos de l'essai Au pays de Maurice Carême (Couleur Livres, 2010)

" Qu’aurait pensé Maurice Carême de la place que sa poésie a prise dans l’enseignement de la langue française à tous les niveaux ? Béatrice Libert cerne de page en page dans cet essai, avec une étonnante lucidité et un sens aigu de l’essentiel, l’inimaginable diversité d’une œuvre qui s’ouvre à tous les publics. Elle sait d’emblée que la poésie pour les enfants, cela n’existe pas. « C’est de la poésie », affirmait le poète de « Mère ». Et il insistait « Les enfants ont droit comme les autres lecteurs au meilleur ». Le temps est venu d’ailleurs où, dans les manuels scolaires en France notamment, ne paraissent plus que des textes de première valeur et de grands poètes. Maurice Carême y détient une place de choix. L’essai de Béatrice Libert, s’il en était nécessaire, le réaffirme. De l’œuvre carémienne, elle n’exclut aucun aspect ni celui d’une grâce aérienne ni celui parfois tragique qui aborde les thèmes existentiels de l’homme. Ce qui émerveille aussi dans l’essai, c’est la diversité des approches pédagogiques proposées, sans que jamais ne soit oubliée la fascination que la poésie ne cesse d’exercer sur ses lecteurs. Est soulignée aussi ce prodigieux apport de vocabulaire que la poésie permet mieux que toute autre forme de littérature. Carême en fut à ce point persuadé qu’il n’hésita jamais à inclure dans cette simplicité du langage dont il eut le génie des termes moins usuels. Ce livre s’avère une mine pour tous les enseignants de la langue française. Non seulement par tous ses aspects pédagogiques – ils sont d’une variété inouïe – mais aussi par l’extraordinaire anthologie de poèmes qui illustrent cet essai. Bien sûr en grande majorité puisés chez Maurice Carême, mais aussi chez d’autres très nombreux écrivains contemporains, vivants pour la plupart. Dans notre pays, où le manuel scolaire a quasi totalement disparu, cet ouvrage va s’avérer un outil indispensable à l’apprentissage de la langue française. "  

Prix d'études littéraires Maurice Carême 2011.